Sainte Catherine
école élémentaire
Montfavet
 

Les rythmes de l’enfant

lundi 29 novembre 2010, par Sandra Pichard

LES RYTHMES DE VIE DES ENFANTS ET DES JEUNES

Les rythmes de vie des enfants et des jeunes... De quoi sont-ils aujourd’hui synonymes
dans l’opinion publique ? De calendrier scolaire, de calendrier des vacances scolaires...
ou encore de la question du mercredi et/ou du samedi comme jour de congé... ou enfin
de la fameuse semaine de quatre jours...

LA VRAIE QUESTION : RESPECTER LES RYTHMES DE VIE DES ENFANTS ET
DES JEUNES

Mais alors il est une problématique qui demeure : celle du respect des rythmes de vie
des enfants et des jeunes. Et ce, dans les divers temps (temps familial, temps scolaire
des enseignements obligatoires, temps périscolaire d’avant et d’après l’école et durant
le midi, temps extra-scolaire des jours de congés hebdomadaires et des vacances),
durant lesquels il s’agit de mieux prendre en compte l’enfant, l’adolescent, dans sa
réalité, dans sa globalité, dans sa diversité, en améliorant sa qualité et ses
conditions de vie par :


- une organisation de la journée, de la semaine, de l’année, qui respecte ses rythmes
de vie, de sommeil, d’acquisition,


- une offre d’activités cognitives, éducatives et de loisirs adaptée à ses besoins et
attentes,


- une mise en cohérence des actions qu’on lui destine.

L’ENFANT, L’ADOLESCENT, AU CENTRE DES PREOCCUPATIONS

La conjonction de ces préoccupations et efforts amène à participer d’un développement
plus harmonieux de l’enfant, de l’adolescent, surtout s’il est exposé aux difficultés
familiales et sociales, et lui permet :


- d’être bien dans son corps et sa tête,


- d’être bien avec les autres,


- d’être plus autonome, en élaborant et en négociant, aidé par les adultes, des projets
individuels et/ou collectifs de gestion de temps (d’apprentissage, de communication,
d’échange...) et d’espaces (culturels, technologiques, sportifs, de loisirs...),


- de développer ses savoirs, savoir-faire et savoir-être.

Cette démarche concernant le temps de l’enfant, du jeune, s’inscrit dans un
cheminement "d’accession à la citoyenneté par sa pratique", conformément à la
convention internationale des droits de l’enfant, en créant les conditions d’appropriation
progressive de temps et d’espaces personnels et collectifs.

C’est ainsi qu’on peut mettre en place un contexte positif et favorable pour le jeune
afin :


- qu’il réussisse mieux à l’école,


- qu’il fréquente des lieux culturels et sportifs qu’il ne connaîtrait pas autrement et qu’il
bénéficie d’une réelle démocratisation des activités, notamment physiques, artistiques,
scientifiques...


- qu’il s’intègre dans la vie de l’établissement scolaire, de l’association, du quartier, de
la commune.

UN PROJET ÉDUCATIF LARGE

C’est dans un cadre de cohérence, défini par un projet éducatif local et global, que doit


être organisé l’aménagement des temps de l’enfant et du jeune, en référence à des
lignes directrices qui concernent tous les temps sociaux de l’enfant, que ce soit dans
l’établissement scolaire, au centre de loisirs ou dans sa famille.

Pour ce qui relève spécifiquement du temps scolaire, notamment dans le premier
degré,


- la priorité, c’est l’allégement de la journée, pour lequel il semble pertinent de veiller à
progresser sur les points suivants :

. pas de classes qui commencent avant 8 h 30 - 9 h 00

. un interclasse qui pourrait s’étendre de 12 h 00 à 14 h 00-14 h 30

. pas de journée scolaire d’une durée supérieure à 5 h 00 - 5 h 30

. des coupures le matin et l’après-midi ;


- quant à la semaine, il est préférable d’étaler les temps d’apprentissage plutôt que de
les concentrer. Par ailleurs, il faut trouver un juste milieu entre "les coupures" qui
reposent et celles qui provoquent des ruptures. Une semaine de 9 ou 10 demijournées,
où les "cadences" seraient moins lourdes, apparaît indiquée. Tout autre type
d’organisation doit être regardé en fonction de son évolution possible et de l’intérêt de
l’enfant dans le contexte local avec, par exemple, la façon dont peut être traitée la
question des transports...

Toujours pour le temps scolaire, mais, cette fois, pour le second degré, c’est
uniquement selon des modalités adaptées que peuvent s’appliquer des éléments de ce
qui précède, avec une organisation de l’enseignement qui ne soit plus conçue
uniquement en terme d’horaires et de disciplines, mais laisse la place à une
organisation plus souple, favorisant d’autres pratiques pédagogiques : modules de trois
ou quatre heures , travail interdisciplinaire à plusieurs intervenants, groupes de travail
pour un suivi plus personnalisé des jeunes...

Mais pour tous les temps sociaux -scolaires, périscolaires, extrascolaires-, il
convient :


- de mettre en place un accueil échelonné, le matin, d’une durée variable en fonction
de l’âge. Ce moment est un temps d’accueil et d’éveil conçu aussi comme une réponse
à un besoin social pour de nombreuses familles et les jeunes eux-mêmes ;


- d’assurer les activités à forte intensité, réclamant beaucoup d’attention et
d’investissement, dans les plages horaires les plus favorables, en s’inspirant des
connaissances en chronopsychologie et chronobiologie ;


- de veiller à ce que les moments de repas soient de véritables temps éducatifs de
détente ;


- de prêter attention à ce que, en présence ou à proximité d’adultes, soient ménagés
des temps et des espaces où on puisse se reposer, rêver, lire, jouer, échanger... sans
avoir à choisir obligatoirement une activité.

Les lignes directrices ainsi énumérées "pour tous les temps sociaux", déjà prises en
considération avec, évidemment, les ajustements nécessaires, par des organismes qui
mettent en place des séjours de vacances et/ou qui ont dans leur compétence les
centres de loisirs sans hébergement, y sont à conforter et développer.


UNE POLITIQUE ÉDUCATIVE GLOBALE

En définitive, le champ de l’aménagement des temps pour mieux prendre en compte
les rythmes de vie des enfants et des jeunes, même s’il a son existence propre,
autonome, ne peut être traité totalement indépendamment d’autres aspects du
domaine de l’éducation ou en lien avec ce dernier.

La question de l’aménagement des temps pour les enfants et les jeunes, en effet, sous
l’angle de la prise en compte de leurs rythmes de vie, ne peut ignorer celle des temps
et contenus de l’accompagnement éducatif de la scolarité… Ni celle de
l’environnement social et familial, ni celle de l’organisation de la journée en centre de
loisirs sans hébergement ou en séjour de vacances.

Le thème de la citoyenneté dans rétablissement scolaire comme en centre de
loisirs ou de vacances, ne peut, lui non plus, faire l’économie de celui des temps et
des rythmes de vie. Apprentissage et expérimentation de la gestion des temps et de
celle des espaces, place donnée aux jeunes -choix, négociation, responsabilisationcomme
acteurs impliqués, concernés, sont un aspect central de l’accès à la
citoyenneté.

Une prise en charge de ces pôles d’actions permet, par leur interactivité :


- de mettre en place une politique qui fédère les actions dans une perspective
d’approche globale et cohérente quant à ce qui est proposé aux enfants et adolescents ;


- d’être ainsi dans une position où l’accompagnement de politiques publiques, souvent
cloisonnées, voire concurrentes entre elles dans une logique de superposition de
dispositifs, amène à en faire des outils au service d’une politique éducative globale
de l’enfance et de la jeunesse ;


- d’établir des coopérations, des transversalités, entre toutes les structures, les
personnes qui, dans le cadre de leur champ de responsabilités, travaillent, notamment,
sur des actions qui trouvent naturellement leur place dans les domaines de
l’accompagnement scolaire et éducatif, des rythmes de vie des enfants et des jeunes,
de la citoyenneté des jeunes, des séjours de vacances, de l’accueil de proximité, des
pratiques culturelles (artistiques, sportives, scientifiques).

PAS SEULEMENT I’ÉCOLE...

A ce titre, non seulement l’école, mais également les parents, les ministères concernés,
les collectivités locales, les associations et, en particulier, les associations d’école,
ayant en charge, à des degrés divers, l’éducation de l’enfant, sont concernés.

En fait, l’action de terrain conduit à traiter des questions dont la liste peut ressembler à
"un inventaire à la Prévert" : sommeil, aménagement de l’espace dans l’établissement,
projet éducatif local, restaurants d’enfants, centres de loisirs, séjours de vacances,
temps des adolescents, fatigue...

Pourtant, cet inventaire n’est que la traduction de toute la richesse, la diversité, mais
aussi de la complexité des sujets que l’on aborde dès que l’on veut faire évoluer les
mentalités, les attitudes, les politiques sur les deux axes autour desquels se
structure la vie humaine, en l’occurrence, ici, la vie des enfants et des jeunes : le
temps et l’espace.

Temps et espaces qui concernent les adultes, dans la relation qu’ils ont avec les
jeunes, en tant que parents et décideurs... En effet, aménager le temps pour respecter
les rythmes de vie biologiques, sociaux et psychologiques, élaborer des projets


individuels et/ou collectifs de gestion de temps (d’échange, de communication,
d’apprentissage...) et d’espaces (culturels, technologiques, sportifs, de loisirs...), se
situer dans une société où les repères temporels (temps personnels, familiaux,
professionnels, de formation, de distraction, d’inactivité...) sont en redéfinition
constante, dans leurs contenus comme dans leurs rapports... Voilà qui définit des
outils d’exercice de la citoyenneté ... et qui interroge sur la place donnée à l’Homme
en termes de "pouvoir sur le temps", dans notre société "libérale" d’inégalités
économiques, culturelles, sociales et territoriales.

UN LARGE DEBAT EDUCATIF, SOCIAL ET POLITIQUE

Cet éclairage complémentaire ne peut qu’inciter tous les acteurs concernés à prendre
toute leur place dans le débat social et politique, aussi bien directement par rapport aux
politiques publiques que lors de formations, de réunions, de rencontres, pour peser sur
la décision en alimentant, approfondissant la discussion...

C’est ainsi que, sur le terrain, il s’agit :


- de prendre en compte l’enfant et l’adolescent


- de rendre intelligible une question complexe à propos de laquelle beaucoup a été
écrit et dit


- de faire comprendre qu’il convient de ne pas trancher trop vite dans les propositions
à faire


- de ne pas en rester au seul éclairage scolaire


- de ne pas en rester au seul éclairage économique


- d’insister sur la globalité des réponses à apporter.

Cela doit conduire au niveau régional, départemental et local en n’hésitant pas à faire
des propositions pour une politique de l’enfance et de la jeunesse, quitte à se
démarquer, très clairement, des politiques publiques et/ou de leur mise en oeuvre
lorsqu’elles semblent aller à rencontre de l’intérêt de l’enfant et de l’adolescent.


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